SAISON DE LA FRANCOPHONIE (suite) Trente ans de relations diplomatiques entre la France et l’Arménie

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Conférence assurée par Mariam TOPAKIAN

Dans le cadre de la Saison de la Francophonie en Arménie, les membres du CLUB des JEUNES DIPLOMATES FRANCOPHONES JDF de SPFA ont eu le plaisir de suivre la conférence assurée par Mariam TOPAKIAN, consacrée aux trente ans de l’établissement des relations diplomatiques entre la République d’Arménie et la France.

Le club des jeudis diplomatiques JDF existe depuis 2014, et débat avec des personnalités éminentes françaises et arméniennes, autour des thèmes d’actualité les plus variés, jeux intellectuels, concours et projections des films etc.

Diplômée de l’UEE (l’Université d’Etat d’Erevan), et ex-membre de notre Club SPFA des JDF, Mariam TOPAKIAN fait ses études doctorales à l’UEE et prépare sa thèse de doctorat sur la politique menée par la France en Transcaucasie durant les années 1918-1920. Malgré son jeune âge, ce chercheur prometteur est auteure de nombreux articles scientifiques qui se réfèrent notamment aux relations politiques arméno-françaises. Ci-dessous vous trouverez son article scientifique présenté à la conférence consacrée aux relations privilégiées franco-arméniennes.

Les trente ans de relations diplomatiques entre la France et l’Arménie

Le niveau actuel des relations privilégiées arméno-françaises est le résultat des relations historiques établies au cours des siècles, l’initiative bilatérale, et des fortes relations culturelles et psychologiques, des peuples arménien et français. Après l’établissement des relations diplomatiques entre la République d’Arménie et la République française, le dialogue politique et les contacts officiels se sont progressivement développés en raison des intérêts et des exigences des deux pays, ce qui a conduit à un partenariat et une coopération mutuellement bénéfiques dans divers domaines, créant de larges opportunités pour leurs intérêts politiques. Il a créé de larges opportunités pour l’Arménie de faire face aux problèmes et défis internes et externes, de communiquer avec les développements politiques internationaux, de fournir des plates-formes de coopération multilatérale, et pour la République française de renforcer sa position politique, sa présence à long terme et son influence dans la région de ses intérêts.

Par conséquent, les relations amicales arméno-françaises mutuellement bénéfiques sont d’une importance mutuelle face aux menaces croissantes de l’évolution de la politique étrangère, qui sont directement mises en évidence par les initiatives personnelles des élites politiques dirigeantes des deux pays pour renforcer les relations, qui non seulement évoquaient le caractère privilégié des relations entre les deux pays, mais aussi la cohérence des positions et des intérêts sur les questions internationales et régionales, l’existence de nouvelles perspectives pour la poursuite de la coopération et l’approfondissement de la coopération.

Le processus de reconnaissance internationale de la République nouvellement indépendante a commencé fin 1991. La République française a reconnu l’indépendance de la République le 24 février 1992. L’Ambassade de la République de France en Arménie a commencé à fonctionner le 20 mars 1992, lorsque le 14 mars l’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de France, Madame France de HARTINGH a présenté ses lettres de créance au Président de la République d’Arménie Levon TER-PETROSSIAN, et l’Ambassade de la République d’Arménie en France a commencé à fonctionner en septembre 1992.

Il convient de noter que les vues de la France et de l’Arménie sur de nombreuses questions internationales coïncident. L’aide de la République française lors du tremblement de terre dévastateur de Spitak en 1988 est également mémorable. Les villes de la République française ont apporté une aide humanitaire à l’Arménie, étant ainsi les premières à montrer une attitude amicale envers la population arménienne, qui se trouve dans une situation difficile.

Après l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, les relations arméno-françaises et le dialogue politique sont entrés dans une nouvelle phase. La République française attachait une grande importance au développement des relations avec la République d’Arménie ; ce n’est pas un hasard si le 12 mars 1993 (entré en vigueur le 31 mai 1995) un accord d’amitié et de coopération a été signé entre la République d’Arménie et la République française, qui mentionne notamment le développement et l’approfondissement des liens dans le domaine militaire.

À la suite de l’établissement et du développement des relations diplomatiques entre les deux pays, des visites réciproques ont eu lieu à différents niveaux, ce qui a contribué encore plus au renforcement des relations. En avril 1992, le vice-président de la République d’Arménie, le Premier ministre Gagik HAROUTYUNIAN, a effectué une visite officielle en France, à la suite de laquelle la partie française s’est déclarée prête à envoyer un groupe professionnel en Arménie pour aider à organiser les structures économiques. Visite officielle de Babken ARARKTSIAN en France, au cours de laquelle des groupes d’amitié ont été créés dans les parlements des deux pays. Le chef de ce groupe à l’Assemblée nationale française était François ROCHEBLOINE, et au Conseil suprême d’Arménie c’était Henrik IGUITIAN. La constitution de groupes d’amitié a contribué au renforcement des liens parlementaires entre les deux pays et à l’intensification de la coopération entre eux.

Dans une interview à « l’Internationale politique » française en 1997, répondant à la question de savoir si l’état actuel des relations arméno-françaises confirme l’argument selon lequel les relations entre l’Arménie et la France sont de nature privilégiée, le président de la République d’Arménie Lévon TER-PETROSSIAN a noté. « Une telle évaluation des relations arméno-françaises a une certaine base historique, qui, bien sûr, joue encore son rôle aujourd’hui …. Le niveau actuel des relations est encore loin des intentions et des opportunités de l’Arménie et de la France, en particulier en termes de coopération économique, scientifique, technique, éducative et culturelle. « La France a jusqu’à présent apporté une aide significative à l’Arménie, notamment dans le cadre des organismes financiers internationaux, pour le développement de l’énergie nucléaire. »

L’année 1998 a marqué des tournants drastiques dans la vie politique intérieure de la République d’Arménie, qui ont eu un impact direct sur la politique étrangère de la république et sur l’activité internationale. À la suite des élections présidentielles anticipées tenues au début de l’année, Robert KOCHARIAN a pris le poste de président de la République, qui a radicalement changé le vecteur de la politique étrangère de la République d’Arménie, en le basant sur le concept de “complémentarité”. De tout cela, nous pouvons supposer qu’il y aurait des changements radicaux dans l’agenda de la politique étrangère de la République d’Arménie, qui ont été décrits dans le nouveau concept de « complémentarité » – établir des relations égales et amicales avec tous les États ou maintenir les relations existantes.

Pendant cette période, les relations interétatiques arméno-françaises étaient au stade de leur développement normal. L’une des tentatives les plus réussies de développer des relations bilatérales a été le fait qu’en mai 1998, Erevan est devenue membre de l’Association internationale des villes francophones (AIMF). La décision de faire d’Erevan un membre de l’AIMF a été prise lors de la 18ème Assemblée générale tenue du 30 mai au 1er juin 1998 à Beyrouth, au Liban.

Il y eut également des contacts assez actifs et efficaces avec les membres du Sénat de la République française, comme en témoignent les fréquentes visites réciproques bilatérales. La délégation du Sénat français conduite par le chef du groupe franco-arménien du Sénat français, le sénateur de la Vendée Jacques OUDIN, était en Arménie du 22 au 29 juin 1998. Elle était accompagnée d’un groupe d’hommes d’affaires français, dont le but était d’étudier les domaines possibles de coopération économique avec l’Arménie.

La coopération interétatique de l’Arménie avec la France à différents niveaux est entrée dans une nouvelle phase en 2000-2001. Lors de la rencontre des présidents arménien et français, Robert KOCHARIAN et Jacques CHIRAC ont discuté en détail des questions du règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, de l’étendue de la participation de la France, de la Russie et des États-Unis à ce processus. La dernière visite s’est distinguée par le fait que seul le règlement du conflit du Karabakh était à l’ordre du jour des négociations avec la partie française. À la suite de cette réunion, les soi-disant principes de Paris pour le règlement du conflit du Karabakh ont été formés, qui, néanmoins, témoignaient d’une pleine compréhension mutuelle sur l’un des points de départ des relations arméno-françaises, le règlement du Conflit du Karabakh.

On peut dire que le résultat du développement des relations interétatiques arméno-françaises a été la réalisation d’un certain nombre d’accords sur deux questions importantes considérées comme une priorité de la politique étrangère de la République d’Arménie : la mise en œuvre de nouvelles initiatives liées au génocide arménien et à la question du Karabakh.

La visite d’État du président Jacques CHIRAC du 29 septembre au 1er octobre 2006 en Arménie, a été cruciale dans le renforcement des relations interétatiques arméno-françaises. Des questions d’intérêt commun ont été abordées au cours de la visite, y compris des questions d’importance internationale, ainsi qu’un certain nombre de questions liées au processus de paix du Haut-Karabakh. La visite du Président de la France avait une signification historique absolue. Jacques CHIRAC a été le seul dirigeant de l’UE à déclarer publiquement la nécessité pour la Turquie de reconnaître le génocide arménien comme condition de son entrée dans l’UE.

Nicolas SARKOZY a remporté l’élection présidentielle française le 6 mai 2007 (31,18 % des voix), devenant ainsi le sixième président de la Ve République. Le président de la République d’Arménie a envoyé un message : “Adhérant aux traditions d’amitié étroite et de compréhension mutuelle entre nos pays et nos peuples, qui ont été encore renforcées par la coopération interétatique active entre l’Arménie et la France ces dernières années, je suis convaincu que nous poursuivrons et approfondirons nos liens tant avec le gouvernement qu’avec notre peuple à travers des réunions”. Un an plus tard, le 19 février 2008, des élections présidentielles ont eu lieu en République d’Arménie, où Serge SARKISSIAN est devenu président de la République avec 52,82% des voix.

Ainsi, dans le cadre de la nouvelle politique étrangère de la République d’Arménie depuis 1998, les relations arméno-françaises, qui s’étaient développées rapidement, se sont renforcées par la conclusion d’accords bilatéraux, et ont inclus de nouvelles plateformes de coopération pour atteindre un haut niveau de renforcement grâce à de fréquentes visites réciproques, passées à une toute nouvelle étape de développement.

La coopération multi vectorielle arméno-française s’est poursuivie en 2008, et les changements de présidents dans les deux pays ont eu un impact particulièrement significatif sur le développement global des relations arméno-françaises, qui se renforcent de jour en jour, qui les ont renforcées en même temps, créant de nouvelles plates-formes pour coopération économique, humanitaire, scientifique et autre. Comme auparavant, la France avait alors multiplié les initiatives pour parvenir à un règlement pacifique du conflit du Karabakh.

Les visites officielles réciproques des deux Présidents Serge SARKISSIAN et Nicolas SARKOZY ont été d’une grande importance. Du 27 au 29 septembre 2011, lors de la visite officielle de Serge SARKISSIAN à la République française, celui-ci a remercié la partie française pour l’accueil chaleureux, et en particulier lorsque l’Arménie célébrait le 20ème anniversaire de la déclaration d’indépendance. Serge SARKISSIAN a souligné qu’il souhaitait approfondir davantage ses relations avec la France. « Nous sommes fiers de notre amitié avec la France, nous sommes très proches des liens étroits établis entre nos deux pays », et dans le cadre de sa visite officielle, de nombreuses rencontres avec des représentants politiques et sociaux influents de l’élite politique française et de la communauté franco-arménienne, ont eu lieu. La visite d’État du président français en Arménie en 2011 a été historique tant par sa signification que par ses résultats :

Le 6 octobre 2011, le président français Nicolas SARKOZY est arrivé en Arménie. Après la cérémonie d’accueil officielle du Président de la France, les Présidents de l’Arménie et de la France sont partis pour le Saint-Siège d’Etchmiadzine, où ils ont rencontré le Catholicos de tous les Arméniens, Sa Sainteté Karekin II. Puis, ensemble, ils ont visité le Mémorial de Tsitsernakaberd, et planté un arbre dans le Parc du Mémorial, commémorant la loi reconnaissant le génocide arménien de 2001 par la France. « La Turquie doit reconnaître sa responsabilité dans le génocide arménien de 1915, reconsidérer et confronter son histoire », a déclaré le président français Nicolas SARKOZY lors de la visite. Les présidents arménien et français ont inauguré la statue de Jules Bastien LEPAGE d’Auguste RODIN au centre de la Place française de la capitale Erevan, après quoi le président français Nicolas SARKOZY est parti pour l’aéroport international de Zvartnots, où sa cérémonie officielle d’adieu a eu lieu.

Suite à cette visite, les documents signés ont enrichi le vaste cadre juridique franco-arménien, qui comprend 25 accords interétatiques, intergouvernementaux et interministériels, et offre de nouvelles opportunités pour approfondir la coopération.

Peu après la visite d’État du Président, le 23 janvier 2012, le Sénat français a adopté une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien, qui stipulait notamment que “le génocide arménien est indiscutable, la majorité parlementaire dans une démocratie a le droit d’écrire les lois et l’histoire”. L’auteur du projet de loi criminalisant la négation du génocide arménien était Valérie BOYER, membre de la faction « Union pour un mouvement populaire ». Il a été approuvé par l’Assemblée nationale française le 22 décembre 2011. Le projet de loi impose une amende de 45 000 euros à un an de prison à ceux qui nient le génocide arménien en France. La décision du Conseil constitutionnel français a été un obstacle à l’entrée en vigueur de la loi. « Lorsque le parlement français a adopté un projet de loi criminalisant la négation du génocide arménien en janvier 2012, il s’est avéré que le projet de loi figurait à l’ordre du jour du Conseil constitutionnel français”. A la suite de l’étude, le projet de loi n’a pas été adopté par le conseil en raison du fait qu’il n’est pas conforme à la Constitution française », a expliqué l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en Arménie Henri REYNAUD (2010-2014).

Autrement dit, l’adoption d’un projet de loi criminalisant la négation du génocide arménien en France n’est possible qu’après sa mise en conformité avec la Constitution. Le 6 mai, les élections présidentielles de 2012 se sont soldées par la victoire de François HOLLANDE, qui a obtenu 51,7% des voix.

Fondée en 1970, une nouvelle plate-forme multilatérale pour la coopération arméno-française l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une institution internationale pour la diffusion de la « consolidation des valeurs universelles » française, entre en jeu. Lors du Sommet de la Francophonie à Kinshasa (République démocratique du Congo) en octobre 2012, en présence du ministre arménien des Affaires étrangères Edward NALBANDIAN, l’Arménie est devenue membre à part entière de l’OIF, devenant ainsi le 54ème membre de l’OIF. L’activité principale de l’OIF est de soutenir le renforcement des politiques adoptées par les États membres, la mise en œuvre de programmes multilatéraux dans le domaine de la coopération, tout en favorisant la diffusion de la langue française dans ces pays. La République d’Arménie intensifie sa coopération avec cette organisation, donnant un coup d’accélérateur à la diffusion des valeurs de la francophonie en Arménie.

Les 12 et 13 mai 2014, visite d’État du Président de la République française François HOLLANDE en République d’Arménie. Lors d’une conférence de presse à Erevan, il a réaffirmé sa disponibilité à participer à la commémoration du 100 ème anniversaire du Génocide arménien le 24 avril 2015 à Erevan. C’était pour lui un appel à la paix et à la solidarité à une nation qui avait vu la souffrance. « C’est un appel au monde pour que de tels événements tragiques ne se reproduisent plus à l’avenir. « Avec cette visite, la France réaffirme que tous les génocides doivent être condamnés pour éviter qu’ils ne se reproduisent. »

Le 24 avril 2015, le président de la République française François HOLLANDE est arrivé en Arménie pour participer aux événements officiels consacrés au 100 ème anniversaire du génocide arménien. Au Mémorial de Tsitsernakaberd, François HOLLANDE a prononcé un discours historique condamnant le Génocide arménien et le déni de la Turquie, et appelant la Turquie à reconnaître le Génocide arménien. À cette époque, comme dans le reste du monde, de nombreuses manifestations identiques se déroulaient en France.

Les visites bilatérales réciproques se sont poursuivies, abordant de nombreuses questions d’intérêt commun, notamment celle de l’intensification des échanges et de la coopération dans les structures européennes entre les délégations arménienne et française. La communauté franco-arménienne a été active, proposant de nombreuses initiatives. La France a organisé une élection présidentielle en 2017, et c’est Emmanuel MACRON qui sera élu président avec 65,5% des voix.

Il convient de noter que dès le début, le président français Emmanuel MACRON avait une position pro-arménienne sur un certain nombre de questions. L’année 2018 a été riche en événements historiques en termes de développement des relations arméno-françaises, qui ont commencé le 22 janvier 2018, lorsque le président arménien Serge SARKISSIAN a effectué une visite de travail en France, où de nombreuses rencontres, notamment avec Anne HIDALGO ont pu avoir lieu. Des accords commerciaux et économiques bilatéraux ont été signés avec d’autres responsables. En août 2018, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d’Arménie en France Hasmik TOLMAJIAN a présenté ses lettres de créance au président de la France Emanuel MACRON. Comme on le sait, en octobre 2017, Jonathan LACÔTE a été nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en d’Arménie.

Les développements politiques internes en Arménie n’ont pas affecté de manière significative les relations interétatiques arméno-françaises, car elles se sont renforcées au fil des ans et ont atteint le plus haut niveau de développement.

Le 17ème sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie s’est tenu à Erevan les 11 et 12 octobre 2018. La délégation française conduite par le président de la République française Emmanuel MACRON est arrivée en Arménie pour y participer, entre autres pays.

Le président arménien Armen SARKISSIAN a également pris part à la cérémonie de présentation du projet du Centre AZNAVOUR, Des réunions officielles bilatérales entre les deux parties ont eu lieu pendant le sommet.

La guerre de l’Artsakh de 44 jours en 2020 a, à son tour, posé une nouvelle étape historique dans le développement des relations franco-turques dans la région du Caucase du Sud aujourd’hui, entretenant la dynamique et le caractère tendu de son développement.

Les réalités et les changements qui s’opèrent dans la région du Caucase du Sud jouent un rôle clé dans le développement des relations franco-turques. Dans la région, après les récents développements géopolitiques, les relations bilatérales sont devenues encore plus tendues, une circonstance dans le cadre de laquelle le facteur arménien joue également un rôle significatif. Avec toutes ses composantes, celui-ci a un rôle déterminant dans la dynamique du développement et de l’élargissement des relations franco-turques, ayant un impact direct en y apportant certaines mutations.

La composante la plus importante du facteur arménien dans les relations franco-turques est la question de l’Artsakh, sur laquelle non seulement les positions officielles des deux pays diffèrent, mais aussi sont contraires, ce qui déterminent l’attitude respective des pays.

Le règlement du Conflit du Haut-Karabakh est une question clé de l’agenda politique de la République d’Arménie et la sécurité nationale : il en  découle directement la position officielle de l’Arménie sur la question. La France est l’un des acteurs influents de la politique mondiale, qui a ses intérêts et ses objectifs dans différentes régions du monde, y compris le Caucase du Sud stratégiquement important : sur la base de ses relations toujours plus étroites avec l’Arménie, la France cherche à renforcer son “influence politique” dans la région.

Par ailleurs, la position de la partie française sur la question de l’Artsakh, sa politique, son implication dans le règlement de la question sont possibles de plusieurs manières։ premièrement, la France est l’un des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, avec la Fédération de Russie et les  États-Unis.

La partie turque a toujours critiqué les activités du groupe, le jugeant inefficace, remettant en cause l’implication de la partie française dans les coprésidences, la liant au renforcement des relations amicales arméno-françaises, à la coopération bilatérale dans le domaine de la reconnaissance du Génocide arménien, sceptique quant à l’impartialité de la France, qui a conduit la Turquie à agir contre un mandat français dans les coprésidences, cherchant plutôt à renforcer son implication dans la question, tout en imposant son rôle militaro-politique à l’Azerbaïdjan pour provoquer une réorganisation de la force et un changement dans la perception de la sécurité dans toute la région.

Ainsi, nous avons brièvement évoqué les événements politiques les plus importants qui se déroulent dans le cadre des relations arméno-françaises․

Or, essayons de faire un bref aperçu des événements essentiels des relations arméno-françaises ayant lieu au cours des 30 dernières années.

  • Il y avait un certain nombre de conditions préalables stables pour le développement des relations interétatiques entre la République d’Arménie et la République française (relations, historiques, culturelles et psychologiques séculaires des deux peuples, similitude des positions de la communauté franco-arménienne avec un riche passé historique, des intérêts mutuels, etc.), l’initiation de contacts officiels et de dialogue politique entre les pays.
  • Du point de vue du développement et du renforcement des relations franco-arméniennes, le respect et la confiance mutuels, construits au fil des siècles, sont d’une importance exceptionnelle, qui ont eu un impact positif sur le développement ultérieur des relations bilatérales, créant une atmosphère d’initiative et de coopération dans les relations bilatérales.
  • Après l’effondrement de l’Union soviétique, après la proclamation de l’indépendance de la République d’Arménie, la France, en raison de ses intérêts nationaux, a intensifié sa politique dans le Caucase du Sud, considérant ses intérêts à long terme, ainsi que l’intérêt stratégique importance de la région, et a établi une présence dans la région, en communiquant directement avec les développements politiques et les réalités de la région.
  • L’établissement de relations politiques avec la République française était l’un des enjeux importants de la politique étrangère de la République d’Arménie, car l’évaluation du potentiel politique et économique de la France (dans ce contexte, la communauté franco-arménienne) montre à quel point il y a beaucoup de potentiel pour le développement progressif des relations arméno-françaises. Les relations arméno-françaises ont été construites, tout d’abord, sur la base du respect mutuel des intérêts nationaux intérêts, compte tenu des exigences de l’époque.
  • À la suite de l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, les visites réciproques des deux parties sont devenues plus fréquentes : un dialogue stable et régulier a été établi, divers accords ont été conclus, ainsi que les directions et les domaines de la poursuite de la coopération.
  • Les initiatives personnelles, les démarches, les déclarations et les discours, visent le développement des relations arméno-françaises. Dans ce contexte, les présidents Levon TER-PETROSSIAN et François MITTERRAND ont été très actifs dans la période initiale de l’établissement des relations.
  • L’une des composantes des relations amicales arméno-françaises est la coopération parlementaire, qui est mise en œuvre à travers le travail de groupes d’amitié (groupes d’amitié France-Arménie, France-Artsakh) avec la participation de représentants des deux pays, une plateforme pour la coopération.
  • La communauté franco-arménienne, qui est l’une des communautés les plus influentes de la Diaspora et qui a une histoire unique et un caractère séculaire, a joué un rôle important dans le renforcement des relations arméno-françaises. Dans diverses sphères de la vie spirituelle et culturelle, prouvant ainsi son intégration étroite dans la réalité française, en même temps son poids politique influent et autoritaire, elle donne l’occasion de mener des activités vigoureuses centrées sur l’Arménie, en tant que trait d’union.
  • Le fondement solide des relations amicales arméno-françaises est la coopération entre les deux pays sur les questions et les priorités de la politique étrangère des deux pays.
  • La question de la Reconnaissance du Génocide arménien s’est posée à tous les niveaux, à des moments différents, à travers de nombreuses initiatives dans toutes les sphères de la réalité française, à travers les efforts des groupes de pression franco-arméniens, des hommes politiques influents et des personnalités publiques, grâce auxquelles la République française a officiellement reconnu le Génocide arménien.
  • La question du Karabakh occupe une place prépondérante dans l’agenda politique arméno-français : la question doit avoir un règlement exclusivement pacifique, excluant une fois pour toutes les autres options.
  • L’un des principaux outils de renforcement des relations privilégiées arméno-françaises concerne les relations commerciales et économiques mutuellement bénéfiques entre les deux pays, à la suite desquelles des accords juridiques constitueront une base juridique solide.

Aujourd’hui encore, les relations arméno-françaises continuent de s’approfondir et de se renforcer.                                                        

Mais il y a encore beaucoup de travail à faire.